La cétose, c’est quoi ?
Un cours de physiologie du jeûne peut sembler un peu long et rébarbatif alors essayons de résumer tout cela de façon simple et synthétique …
Lorsqu’on jeûne le corps n’a plus l’apport habituel des nutriments venu de la digestion alors, pour fonctionner, il utilise les réserves immédiatement disponibles. Ces réserves (glycogène) sont stockées dans le foie et dans les muscles. Nous avons tous des réserves qui nous permettent de tenir quelques heures entre deux repas. Notre foie transforme le glycogène en glucose qui sert de carburant à nos cellules.
Mais les réserves de glycogène ne sont pas infinies, très rapidement (en 12 à 24 heures) elles s’épuisent et nous passons dans une deuxième phase durant laquelle nous continuons à fabriquer du glucose à partir des réserves de lipides et de protéines. Cette seconde phase ne dure pas, non plus, très longtemps (également de 12 à 24 heures) car nous devons préserver nos protéines.
C’est alors qu’intervient la cétose, la troisième phase du jeûne. Le passage en cétose s’effectue environ au troisième jour de jeûne.
C’est un mécanisme bien connu et parfaitement décrit dans la littérature scientifique et médicale.
A noter que ce passage en cétose s’effectuait très souvent chez nos ancêtres chasseurs-cueilleurs et même plus récemment lorsque les greniers étaient vides à la fin de l’hiver.
Aujourd’hui, dans les pays riches, on a un peu oublié cette fantastique possibilité d’adaptation de notre organisme à cause de nos réfrigérateurs toujours pleins !
Le passage en cétose consiste à utiliser uniquement nos réserves de gras, stockées sous forme de triglycérides dans le tissu adipeux pour fabriquer des corps cétoniques.
Les corps cétoniques constituent un carburant utilisable par toutes nos cellules pour fonctionner. Nous changeons littéralement de carburant pendant le jeûne. Au lieu de tourner au glucose nous tournons aux corps cétoniques. Exactement comme si nous changions le carburant de la voiture en passant de l’essence au diesel.
Quels symptômes produit la cétose de jeûne ?
L’utilisation de nos réserves de graisse s’accompagne d’une libération de toxines dans l’organisme. Ces toxines provoquent ce qu’on appelle la crise d’acidose. Cette crise (principalement maux de tête et/ou nausées) est plus ou moins intense en fonction du degré d’intoxication de l’organisme.
Il est difficile de connaître son degré d’intoxication mais on peut en avoir une idée en sachant qu’il est lié, bien sûr, à l’alimentation mais aussi aux différentes expositions toxiques que notre organisme a respiré ou ingéré (pesticides, engrais, fumées toxiques, additifs alimentaires nocifs, résidus de médicaments …).
La crise d’acidose, c’est difficile ?
Pour la très grande majorité d’entre nous cette crise d’acidose est très supportable voire inexistante et passe rapidement dans la journée. Si les symptômes persistent nous avons toujours la possibilité de se réalimenter très légèrement afin de diminuer l’utilisation des réserves de graisse et donc de diminuer la libération de toxines dans l’organisme.
Dans tous les cas ces toxines libérées seront traitées, notamment par le foie afin d’être éliminées. Le foie n’ayant pas à gérer la digestion en jeûne il aura le temps de faire ce nettoyage.
Le troisième jour de jeûne est un peu le passage difficile. En tant que spécialistes expérimentés de l’accompagnement de jeûneurs, nous portons une attention toute particulière à chacun des jeûneurs du groupe. Nous randonnerons, ce jour là, sur un circuit plus facile et nous vous proposerons des remèdes naturels afin de soulager ces petits désagréments.
Corps cétoniques, régime cétogène, cétonémie… quel rapport avec la cétose de jeûne ?
Tous ces mots ont la même racine.
Le régime cétogène consiste à supprimer les sucres de son alimentation afin d’utiliser les réserves de graisse pour produire des corps cétoniques. On peut donc également être en cétose sans jeûner.
La cétonémie mesure la quantité de corps cétoniques présents dans le sang. Celle-ci est très élevée au moment du passage en cétose ( à partir du 3-ème jour) et diminue lors d’un jeûne long après 7 jours de jeûne.

On peut également mesurer la quantité de cétones dans les urines (test de cétonurie) avec des bandelettes urinaires vendues en pharmacie.
A découvrir : une étude sur la cétose de jeûne
En Allemagne, où le jeûne fait partie du système de santé, la clinique Buchinger Wilhelmi qui est une référence a mené une étude sur les corps cétoniques lors d’un jeûne de longue durée. Vous pouvez consulter les résultats de l’étude sur cette page :
https://www.buchinger-wilhelmi.com/fr/cetones-et-bienfaits-du-jeune-longue-duree/
En résumé, voici quelques points importants de leurs résultats :
- l’apport contrôlé d’une faible quantité de glucides (jus de fruit ou de légumes) peut parfaitement être intégré à un régime de jeûne, sans compromettre pour autant la combustion des graisses
- le degré de cétose varie en fonction des personnes (âge, sexe, niveau d’activité, etc)
- les sujets atteignant un niveau de cétose plus élevé ont davantage d’effets favorables à la santé, et les sujets en cétose complète ont des taux d’antioxydants plus élevés (les antioxydants sont essentiels à la protection des cellules comme à la santé en général)